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Pour pallier au gaspillage industriel, Valomat met en place la revente de matériaux auprès de connaisseurs du marché. Emilie Sallé cofondatrice est venue me parler de ce concept autant innovant qu’engagé.  

1. Quel est le concept de votre Startup ?

Valomat crée le circuit du réemploi pour les matériaux industriels et plus particulièrement dans l’aéronautique.  De manière très concrète, les industriels possèdent des hangars dans lesquels sont entreposés des métaux appelés « stocks dormants ». Nous allons les recenser (leurs traçabilités, leurs dimensions, leurs caractéristiques). On s’occupe ensuite de publier en ligne ces métaux. De l’autre côté de la plateforme des industriels intéressés, peuvent ainsi les racheter.

Simon Bastide et Emilie Sallié, cofondateurs de Valomat

2.Comment avez-vous eu l’idée de Valomat ?

Pendant mes études, et mes premières expériences professionnelles, j’ai eu l’occasion de me balader dans des usines, je voyais ces endroits un peu abandonnés. Il y avait une certaine incohérence avec le fait que l’on soit en 2017/2018 et que l’on ne réutilise pas ces matériaux qui ont pourtant de la valeur.

3.Quelle est la signification du nom de votre entreprise?

Valomat signifie valorisation des matériaux. Le nom Valomat était une idée parmi d’autres. On se donnait souvent des noms de codes pour simplifier les conversations, puis ce dernier est resté et les industriels trouvaient que ça collait bien avec notre projet.

4.Comment cela fonctionne ?

Deux cas : soit je suis un industriel qui a du stock à vendre,  je contacte donc une personne de l’équipe. En fonction des informations qui sont déjà disponibles, nous l’aidons à créer le fichier avec les dimensions, les alliages et les normes. Parfois, nous sommes même amenés à aller vérifier les dimensions sur le terrain.

Soit je suis un acheteur et toutes les deux semaines, nous envoyons un catalogue actualisé des matières qui sont disponibles. On vérifie que l’offre et la demande sont bien compatibles. Lorsque l’on est sûr que tout est validé, la transaction se fait entre l’acheteur et le vendeur et on facture une commission d’apporteur d’affaires.

5.Avez-vous eu des difficultés pour fonder votre startup ?

Étonnamment, ce n’est pas le côté financier qui nous a causé des difficultés puisque nous avions besoin d’un téléphone, d’un fichier Excel et d’un annuaire pour commencer.  Pour trouver des industriels, ça été un peu plus difficile mais, on a reçu dès le début avec l’aide d’OPEO (cabinet de conseil dans l’industrie). On a également pu travailler avec Mecachrome (spécialiste de l’industrie) ce qui a rassuré les industriels pour la suite.

6.Si oui, comment avez-vous surmonté ces dernières ?

On a appelé des industriels, il n’y a pas de secrets (rire).

7.Avez-vous été inspiré par d’autres entreprises ou entrepreneurs ? Ce qui vous a poussé à devenir entrepreneur ?

C’est vraiment par mimétisme que j’ai commencé à m’intéresser à l’entreprenariat. Je me revois dans la cour de mon école de commerce en première année. J’ai vu un groupe qui avait l’air d’être stimulé intellectuellement et épanoui. On m’a glissé à l’oreille qu’ils avaient pris l’option entrepreneur et j’ai pensé : « je serai donc entrepreneuse ! ».

Après, ma toute première expérience était avec Matthieu Dardaillon de « Ticket for change » et Joséphine Boucher, c’est ce qui m’a confirmé cette intuition d’entreprendre. Aujourd’hui, plutôt au quotidien, j’écoute le podcast « Le gratin » de Pauline Laigneau sur des sujets très concrets comme la réussite, je le trouve génial.

8.Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?

Ce serait d’apprendre à se fermer aux conseils, parce qu’on pourrait passer sa vie à écouter les conseils que l’on nous donne. Tout le monde à son avis sur les startups. Je dirais qu’on écoute plus facilement les personnes qui sont passées par là, comme Marc Laurent par exemple en ce qui concerne les Ressources Humaines. Apprendre à prioriser c’est également très important pour une startup.

9.Quels sont vos prochains challenges ?  

A très court terme on est en train de refaire le contrat. On a aussi plusieurs personnes qui arrivent donc, réussir à bien les intégrer dans l’équipe et qu’elles s’épanouissent. A plus long terme, on continue à faire grandir Valomat et on aimerait des partenariats stratégiques avec des professionnels du secteur.  Et puis, on commence à avoir une réputation dans le milieu des métaux de l’aéronautique français. Maintenant, on cherche à voir si nous allons garder les métaux et travailler avec l’étranger, ou si nous nous ouvrons sur d’autres matériaux comme le plastique, les composites.  Une troisième option serait de rester sur le marché français mais en s’intéressant au naval par exemple.

10. Souhaitez-vous recruter dans les prochains mois ?

Oui, en effet, nous sommes en plein recrutement. On ouvre plusieurs postes d’account manager pour accompagner les industriels et augmenter le nombre d’industriels passant commandes. Le recrutement serait donc plus porté sur le commercial que le technologique pour l’instant.

11. Où voyez-vous Valomat dans 1 ou 2 ans ?

J’ai envie que l’on puisse nous confier n’importe quel matériel dans le corps industriel, que l’on soit capable de trouver son utilisation optimale avec le maximum de ses capacités.

Le travail que fait Valomat aujourd’hui, c’est rationaliser l’utilisation des ressources dans l’industrie, ce que l’on souhaite c’est arrêter ce gaspillage industriel.

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